
Christine Lagarde, une avocate internationale pour l'agriculture
Pour Christine Lagarde, l'actualité est brûlante. Au moment de sa nomination au ministère de l'agriculture se réunissaient Etats-Unis, Union européenne, Inde et Brésil, jeudi 17 et vendredi 18 mai à Bruxelles, pour tenter de faire avancer des négociations de l'Organisation mondiale du commerce qui butent toujours sur les aides agricoles.
C'est l'un des intérêts de cette nomination, le dossier OMC n'est pas nouveau pour Mme Lagarde, qui l'a suivi ces deux dernières années en tant que ministre déléguée au commerce extérieur. Un poste où son bilan est jugé honorable, et où elle a pu constater le poids décisif du tandem agriculture- agroalimentaire dans les exportations françaises. La ministre devrait suivre de près les négociations commerciales agricoles, la coordination du dossier OMC restant attachée à Bercy.
C'est l'un des intérêts de cette nomination, le dossier OMC n'est pas nouveau pour Mme Lagarde, qui l'a suivi ces deux dernières années en tant que ministre déléguée au commerce extérieur. Un poste où son bilan est jugé honorable, et où elle a pu constater le poids décisif du tandem agriculture- agroalimentaire dans les exportations françaises. La ministre devrait suivre de près les négociations commerciales agricoles, la coordination du dossier OMC restant attachée à Bercy.
Le profil de Mme Lagarde est certes atypique au sein du gouvernement : avocate, présidente du comité stratégique du prestigieux cabinet américain Baker et McKenzie au moment de son retour en France, en 2005, elle a passé plus de vingt ans aux Etats-Unis. Mais il lui donne un atout de taille : son habitude de la négociation. Elle devra se faire l'avocate de la France tous les mois à Bruxelles lors des conseils des ministres de l'agriculture. La France exercera en outre au second semestre de 2008 la présidence de l'Union au moment où se nouera une nouvelle négociation sur les dépenses européennes, y compris celles de la politique agricole commune.
QUELLE SERA LA VOIX DE LA FRANCE APRÈS LE DÉPART DE JACQUES CHIRAC ?
La nouveauté viendra surtout pour Mme Lagarde du milieu agricole lui-même. Cette Normande devra s'exercer aux visites de fermes et découvrir les spécificités de chaque filière. Un de ses premiers dossiers sera, d'ici l'été, la réforme du régime viticole, sur laquelle la France s'opposait jusque-là aux propositions de Bruxelles. Un temps, les agriculteurs ont craint de voir leur secteur perdre son ministère de plein exercice. Les voilà donc rassurés, d'autant que le profil de la titulaire du portefeuille pourrait apporter un souffle nouveau à un ministère qui, ces dernières années, a plus joué un rôle de gestionnaire que de visionnaire.
Reste une question majeure : quelle sera la voix de la France après le départ de Jacques Chirac, ardent défenseur des agriculteurs ? Les interventions de M. Sarkozy sur le sujet n'ont pas donné le sentiment d'une volonté de rupture.
Premier visiteur du nouveau président, jeudi matin, à l'Elysée, Jean-Michel Lemétayer (FNSEA) s'est dit "rassuré" sur la future fermeté de la France dans les négociations commerciales et "sur la même ligne" au sujet des institutions européennes. "Notre secteur est très dépendant du fonctionnement de l'Union. Il faut que la situation se débloque pour que les dirigeants politiques reprennent la main sur les commissaires..." En agriculture, on en revient toujours à l'OMC.
Laetitia Clavreul