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Roselyne Bachelot, ou l'audace verbale à la santé et aux sports

Elle est à la fois l'amie et la voisine du nouveau premier ministre. A 60 ans révolus - elle les a fêtés le 24 décembre 2006 -, Roselyne Bachelot n'a pas pris sa retraite politique comme elle l'avait, un temps, envisagé de le faire.

A l'été 2003, pendant la canicule, alors qu'elle occupait le ministère de l'environnement, de l'écologie et du développement durable, elle avait manqué de discernement en conseillant aux automobilistes de "garer leur voiture à l'ombre" pour se protéger de la chaleur. Cette bourde, ajoutée à la déroute des élections régionales, lui avaient coûté son portefeuille dans le troisième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Celle qui fut porte-parole de Jacques Chirac lors de la campagne présidentielle de 2002 s'est rattrapée en ralliant Nicolas Sarkozy. Dans ce gouvernement resserré que dirige François Fillon, elle hérite du ministère de la santé, de la jeunesse et des sports. Un assemblage inédit dans l'histoire de la Ve République, où cette docteur en pharmacie devra tout à la fois trouver un remède qui empêche l'assurance-maladie d'améliorer ses records de déficit et le moyen de favoriser le développement des pratiques sportives comme le candidat M. Sarkozy en a exprimé le souhait lors du débat face à sa rivale Ségolène Royal, le 2 mai.

SON DYNAMISME DANS LA CAMPAGNE RÉCOMPENSÉE

Entrée en politique par filiation paternelle, Roselyne Bachelot, qui fut longtemps une chiraquienne de choc, succéda à son père, Jean Narquin, gaulliste de la première heure, comme députée du Maine-et-Loire en 1988. Depuis, cette femme aux audaces verbales - n'a-t-elle pas évoqué en novembre 2003 l'appareillage auditif de Jacques Chirac sur une antenne de radio - qui n'ont d'égal que les couleurs vives de ses tailleurs, a été réélue sans discontinuer. C'est d'ailleurs sur les bancs de l'Assemblée nationale qu'elle s'était illustrée en ferraillant contre son camp - particulièrement contre Christine Boutin - lors du projet de loi sur le pacs qu'elle avait défendu avec la gauche en 1999.

Devenue secrétaire générale adjointe de l'UMP en 2006, Mme Bachelot a été l'une des premières chiraquiennes à choisir sans barguigner M. Sarkozy. Pendant la campagne qu'elle n'a pas suivie en première ligne, elle a multiplié les réunions publiques en province hors de la présence du candidat. "Je suis plus utile à mon candidat en menant ma propre campagne plutôt qu'à jouer les pom-pom girls derrière lui sur une estrade", a-t-elle déclaré. La voilà aujourd'hui récompensée.

Yves Bordenave