mardi




Les opposants au nouveau président se sont mobilisés pour descendre sur le Vieux-Port. Mais les forces de l’ordre étaient là en nombre pour accueillir les manifestants.
Pas même vingt heures et déjà une belle cohorte de voitures de police en place sur le Vieux-Port. C’est sans compter les six véhicules de la Bac Nord en veille sur le quai des Belges… et toutes celles en embuscade moins visibles. « Les ordres viennent de Paris », apprend-on de source policière. En revanche pour l’heure, pas un chat dans les rues, enfin pas plus qu’à l’habitude.

Mais les résultats ne tardent pas à tomber. A la sortie de métro Vieux-Port, quelques bras d’honneur à l’attention des forces de l’ordre émanent d’un petit groupe en salut au score de Sarkozy. A vingt, les policiers leur tombent dessus pour un contrôle d’identité. Rien de plus. 20h30, le gros des voitures prend la direction de la Plaine. C’est finalement là qu’a lieu le rassemblement.La place Jean-Jaurès s’anime en effet, en musique et sous les slogans clamés d’un porte-voix. Celles qui n’ont pas fait le poids au scrutin et qui crient leur désaccord. LCR en tête, Mouvement des jeunes communistes, Les Winners, RESF et anarchistes de tout poil forment un rassemblement de près de 400 personnes qui prend la direction de Notre-Dame du Mont, puis de la rue d’Aubagne pour gagner le Vieux-Port. Et rameute au passage… pour finir à plus de 500 à clamer en cœur : « Nous sommes tous des enfants d’immigrés », « les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, de cette société-là, on n’en veut pas » ou « justice nulle part, police partout ».Et c’est justement ce qui les attend quai du Port. Les manifestants n’iront pas plus loin. Le barrage est en place et l’Hôtel de Ville bien gardé. Où est la provocation ? Vers 23 heures, le ton monte. Au « Grenadiers préparez-vous ! » d’un Dark Vador, rétorque un cul dénudé d’indien, et le classique affrontement cannettes contre bombes lacrymo démarre. Mais à ce jeu, les hommes de Sarko sont bien mieux rôdés que nos révolutionnaires improvisés. Un renfort est appelé. En quelques minutes, en plus des 7 cars de CRS, le GIPN débarque. Un dispositif quelque peu démesuré face aux derniers irréductibles sur la place. Jusqu’à minuit, les échauffourées s’enchaînent et les projectiles volent… et la dispersion gagne, laissant un goût amer chez les manifestants : « On n’a pas dit notre dernier mot », promettent-ils.Quelques interpellations ont eu lieu. Certaines avec violence. « Attention samedi, ça promet de recommencer », lâche un policier à son collègue. Cette fois, plus de doute ; l’Etat policier a pris ses marques. Comment oublier que le nouveau président, ex-ministre de l’Intérieur, a forcément de la bouteille en ce domaine.


MYRIAM GUILLAUMEPhotos Patrick Di Domenico